Métamorphosis

Création au Grand Palais de Paris dans le cadre du Saut Hermès : Bartabas avec les écuyers de l’Académie équestre de Versailles – reportage 6′ – Peignoir prod

C’est une immense armée qui dormait, immobile, impassible, dans des fosses profondes où elle veillait, depuis plus de vingt siècles, le premier empereur chinois dont la gloire posthume exigeait une parade militaire grandiose et dont l’effroi de se retrouver seul pour l’éternité réclamait la compagnie d’une garde rapprochée.

Il fit donc sculpter en terre cuite toute son armée, généraux compris, et ordonna qu’on la dispose autour de son monumental tombeau. Soit des milliers de guerriers et de chevaux grandeur nature, tous différents les uns des autres, y compris les traits du visage, et formant d’impeccables légions dans les entrailles glaiseuses de la province du Shaanxi.

Il fallut, en 1974, que des paysans creusent un puits dans leur champ pour que surgisse soudain, à la lumière du jour, cette fantastique armée impériale figée dans l’argile. Quarante ans exactement après que ces cavaliers et ces destriers silencieux ont recouvré la liberté et découvert, comme tétanisés, le fracas du monde moderne, Bartabas leur ouvre les portes majestueuses du Grand Palais. Il faut les imaginer, après un périple de huit mille kilomètres, ces guerriers sans emploi encore couverts de terre glaise, prisonniers du temps qui les a pétrifiés, rescapés hiératiques d’une dynastie abolie…

[Not a valid template]

« … hommes et chevaux de l’éternité vont lentement se métamorphoser sous les verrières du palais parisien, se débarrasser de l’argile qui les paralyse, des armes qui les encombrent, de l’Histoire qui leur pèse. Ils vont reprendre des couleurs, s’alléger, s’humaniser, se délier, se rapprocher de nous, se féminiser par la grâce des écuyères de l’Académie de Versailles et de leurs jeunes danseurs à quatre pattes » – Jérôme Garcin dans la présentation du spectacle.

Laissez un commentaire