Chevauchée littéraire « Remise en scène de la Camargue » avec Estelle Rouquette

« Après la Révolution française qui marque la fin de la main mise foncière des Arlésiens sur la Camargue, le 19ème siècle, en fait la terre des conquêtes que le progrès technologique rend possibles. Les pionniers de l’agriculture industrielle sont des céréaliers qui investissent dans le années 1830 par l’intermédiaire de sociétés agricoles qui se partagent la Camargue avec la saliculture qui se développe dans les années 1860. Puis, la viticulture arrive en force du temps du phylloxéra jusqu’à son déclin en faveur de la riziculture qui débute en 1942.

Parallèlement à cet essor économique, un mouvement conservateur se manifeste dès les années 1890, qui fait de la Camargue son refuge face au progrès qu’il rejette. Composé d’auteurs littéraires et d’artistes, ce mouvement s’oppose à la colonisation du delta par les investisseurs. Pour défendre leur point de vue, ils construisent un mythe avec les spécificités jusque-là perçues comme des contraintes : isolement, pauvreté, rudesse du climat, insalubrité, aridité qui produisent un environnement et des modes de vie singuliers. Les mythes nécessitant des acteurs, les gardians, leurs chevaux et leurs taureaux sont érigés en héros, tels les cow-boys qui font depuis la fin du 19ème siècle l’objet d’un genre littéraire appelé westerns. La propagation de ce mythe est assurée par les nombreux médias contemporains : peinture, photographie, roman, cinéma diffusent l’image d’une terre vierge où humains et animaux vivent libres. Dans cette mythologie, le cheval né de l’écume de la Méditerranée, rivalise avec le taureau, divinisé depuis les temps archaïques de notre civilisation occidentale.« 

Estelle ROUQUETTE : Conservateur du Musée de la Camargue / Parc naturel régional de Camargue

Aurélien JOUVENEL : Chargé de Missions – Secrétariat des Associations d’Eleveurs / Parc naturel régional de Camargue

Cette chevauchée littéraire aura lieu le samedi 12 juillet, départ 9h30 du Mas de Maguelonne.

Photo Un gardian, son cheval et sa cabane vers 1920. Photo de Gaston Bouzanquet, coll. Musée de la Camargue, num. David Huguenin

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